Astro Club Porto-Vecchio Index du Forum Astro Club Porto-Vecchio
Partagez votre savoir et vos connaissances ou vos questions sur le fabuleux domaine qu'est l'astronomie !
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Les étoiles et leur alchimie

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Astro Club Porto-Vecchio Index du Forum -> Astronomie -> Cosmologie
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
The Lion
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 09 Juil 2007
Messages: 139
Localisation: Corse
Masculin Lion (24juil-23aoû) 鷄 Coq

MessagePosté le: Mar 1 Jan - 20:54 (2008)    Sujet du message: Les étoiles et leur alchimie Répondre en citant

Les étoiles et leur alchimie

Les réactions nucléaires assurent la pérennité des étoiles et créent les noyaux d’atomes lourds de l’Univers.

Dés que les astronomes purent étudier les spectres lumineux des étoiles, leurs analyses révélèrent que leurs surfaces contenaient des éléments chimiques analogues à ceux que l’on rencontre sur notre planète comme le carbone, l’oxygène et le fer. Les analyses spectrométriques encore plus poussées établissent un fait encore plus extraordinaire. La vaste majorité des objets célestes, de notre voisinage solaire jusqu’au confins de l’Univers observable ont la même composition. Ils sont constitués des mêmes éléments et dans les mêmes proportions. Je donne un exemple: pour 1 000 000 000 d’atomes, on trouve (environ).


Hydrogène (H) : 910 518 000 
Hélium (He) : 88 000 000
Oxygène (O) : 800 000
Carbone (C) : 300 000
Azote (N) : 100 000
Néon (Ne) : 100 000
Silicium (Si) : 30 000
Magnésium (Mg) : 30 000
Fer (Fe) : 30 000
Soufre (S) : 12 000
Aluminium (Al) : 3 000
Calcium (Ca) : 3 000
Nickel (Ni) : 3 000
Sodium (Na) : 3 000
Tous les autres : 6 000


A priori, cette similitude semble paradoxale, la Terre, la Lune ou Mars sont riches en éléments lourds (silicium, fer etc), tandis que le soleil et les planètes géantes (Jupiter, Saturne) contiennent surtout des gaz légers (hydrogène et hélium). Toutefois lorsque l’on tient compte de la différentiation physico-chimique, la composition des objets du système solaire s’explique. Lors de la formation du système solaire, la faible gravité et la proximité relative du Soleil (chaleur) ont fait que les petits corps (astéroïdes, planètes telluriques comme Mercure, Vénus, la Terre et mars) n’ont pas pu retenir les éléments légers, tels l’hydrogène et l’hélium. De même, les planètes géantes avec leur gravité importante et leur éloignement du soleil (température plus propice à la conservation des éléments légers) ont conservé ces éléments, tels l’hydrogène et l’hélium.




Réaction nucléaire du Soleil


Dans les années 30, les astronomes tracent en proportion la courbe universelle des éléments. Les éléments les plus abondants sont sans conteste l’hydrogène et l’hélium qui représentent à eux deux près de 98 % des éléments constituant l’Univers. Les 2 % restant sont des éléments plus lourd qui sont regroupés collectivement par les astronomes et nommés «métaux» bien que beaucoup d’entre eux soient des gaz dans les conditions habituelles. La ressemblance de cette courbe avec celle qui donne la stabilité nucléaire des éléments est frappante, plus le noyau est stable, plus il est abondant par rapport à ses voisins. Ainsi, la proportion des éléments chimiques de l’Univers reflète des mécanismes nucléaires. La ressemblance entre les objets qui composent l’Univers témoigne en faveur d’une appartenance commune pour l’ensemble des noyaux atomiques. De même la ressemblance entre la proportion des éléments et la stabilité nucléaire suppose que des mécanismes nucléaires aient été à l’oeuvre, mécanismes qui se produisent en général dans un environnement très chaud.





Dans les années 40, George Gamow l’un des pères fondateur de la théorie du Big bang pense que tous les éléments ont été créé dans l’Univers primordial chaud du Big bang. Pourtant ce scénario se révèle incapable d’expliquer l’abondance de la plupart des éléments chimiques, hormis celle des noyaux très légers. De même ce scénario n’explique pas non plus les différentes teneurs des étoiles en éléments lourds ( métallicité ). En effet, bien que la proportion des éléments les uns par rapport aux autres soient quantitativement toujours les mêmes, le nombre d’éléments lourds peut varier considérablement d’une étoile ( ou dans une zone de la galaxies, voir des galaxies entre elles ) à l’autre. Des observations spectrométriques effectuées en 1952 ont montré que la surface des étoiles du halo de notre Galaxie ( amas globulaires, les plus vieilles étoiles de la Voie lactée, étoiles ditent de population II, âgé d’environs 10 à 12 milliards d’années ) ont une métallicité 10 à 1000 fois inférieure à celle de notre Soleil ( le Soleil contient environ 2 % d’éléments lourds, étoile de population I dont l’âge est estimé à environs 4,5 milliards d’années ). Comme nous pouvons le voir, l’âge des étoiles témoignent de la richesse de ces éléments. Plus une étoile sera jeune et plus sa métallicité sera importante. Or si tous les éléments avaient été créé au début de l’Univers nous devrions avoir une composition en métallicité commune pour toutes les étoiles de l’Univers. Ce qui n’est pas le cas. Vers la même époque, un autre astrophysicien Fred Hoyle, qui était pour ça part un farouche opposant à la théorie du Big bang, postula que des noyaux de plus en plus complexes sont continuellement fabriqués au sein des étoiles par des réactions thermonucléaires entre noyaux légers. Les physiciens de l’époque savaient déjà que certaines des ces réactions, comme la fusion de l’hydrogène en hélium sont les principales sources d’énergie dans les étoiles. Hoyle aidé par certains de ses confrères démontrèrent progressivement les divers mécanismes de la formation de presque tous les noyaux observés dans la nature. L’ensemble de ces travaux fût dénommé nucléosynthèse stellaire. Nous savons aujourd’hui que pour fabriquer ces noyaux, il faut en premier énormément de chaleur et que cette chaleur augmente exponentiellement au fur et à mesure que l’étoile se sert des éléments fabriqués précédemment pour créer des éléments plus lourds. 2Ème, du temps car les réactions de fusion sont longues.





Contrairement au cas de métaux, les teneurs en hydrogène et en hélium sont vraiment « universelle» , elles varient très peu d’une étoile à l’autre. De surcroît, la teneur en hélium est bien trop élevée ( de l’ordre de 25 % en masse ) pour être expliquée par la nucléosynthèse stellaire. L’activité de toutes les étoiles de l’Univers depuis le Big bang n’est pas capable de produire autant d’hélium. Par ailleurs, les astrophysiciens découvrirent qu’un isotope léger de l’hydrogène, le deutérium ( dont le noyau comprend un proton et un neutron ) ne peut être produit dans aucun site astrophysique aujourd’hui. Il est tellement « fragile » qu’il est toujours détruit par les réactions nucléaires. Seul l’Univers chaud du Big bang peut créer cet élément, car une grande quantité de neutrons y est disponible pendant quelques minutes et que leur capture par les protons engendre ce noyau.

Selon la version standard du Big bang, l’Univers en expansion émerge de sa phase primordiale sous la forme d’un gaz neutre quasi uniforme, composé de 76 % d’1H et de 24 % d’4He ( l’isotope lourd de l’hélium avec 2 protons et 2 neutrons ), accompagnés de traces d’autres isotopes légers ( deutérium, hélium 3 et de lithium 7 ). Quelques centaines de millions d’années plus tard, les petites hétérogénéités présentes dans ce gaz, amplifiées par la gravitation, donnent naissance aux premières galaxies. Au sein de ces galaxies, des condensations plus ponctuelles se détachent petit à petit et la première génération d’étoiles dépourvues d’éléments lourds, font leurs apparitions sur la scène cosmique.

La vie d’une étoile résulte de la lutte entre deux forces antagonistes. La gravitation qui tend à la faire s’effondrer sur elle même et la pression interne qui dépend de la densité, donc de la réactions de fusion et de la température. Ainsi, sous l’emprise de sa propre gravité, le coeur d’une étoile se comprime et s’échauffe jusqu’à atteindre des températures de plusieurs millions de degrés. A ces hautes températures, les réactions de fusion entre éléments légers se déclenchent. Elles dégagent de l’énergie ce qui permet à l’étoile de maintenir son coeur dans un état stable pendant de longues durées. La phase de fusion de l’hydrogène est la plus longue de la vie d’une étoile. Si la masse stellaire est comparable ou inférieure à celle de notre Soleil, la température centrale est inférieure à 20 millions de degrés. Dans ces conditions, la fusion de 2 noyaux d’hydrogène ( 1 proton ) produit un noyau de deutérium ( 1 proton et 1 neutron ), qui capture un autre proton et forme un noyau d’3He ( 2 protons et 1 neutron ). Finalement, 2 noyaux d’3He fusionnent en un noyau d’4He ( 2 protons et 2 neutrons ) ce qui libère au passage 2 protons. L’ensemble se ces réactions constituent la première des chaînes proton-protons, ou chaîne p-p, la plus importante dans le cas de notre étoile. Le passage de l’3He à l’4He peut se faire aussi par d’autre séries de réactions ( les autres chaînes p-p, voir wikipédia ), qui dominent lorsque les conditions sont légèrement différentes de celle de notre étoile. Dans les étoiles plus massives que 1,5M¤, la température centrale dépasse les 20 millions de degrés et la transformation de l'hydrogène en hélium 4 se fait par l'intermédiaire des noyaux de carbone ( C ), azote ( N ) et oxygène ( O ), qui servent de catalyseurs. C'est le cycle CNO. Cela conserne obligatoirement les étoiles déjà enrichies en métaux, résultant d'éléments produits par des générations stellaires antérieures. Lors de ce cycle, la quantité totale d'éléments du catalyseur est conservée, mais tout le carbone et l'oxygène se transforme en azote. Dans les deux cas ( chaines p-p et cycle CNO ), l'étoile arrive au terme de la combustion de l'hydrogéne ayant libéré environ 6 mégaélectronvolts pour chacun de ses protons convertis en 4He, ce qui représente la majeur partie de ses réserves d'énergie nucléaire ( environ 0,5 % de la masse participant aux réactions nucléaires se transforme en énergie ). Comme le réservoir d'énergie nucléaire de l'étoile est de 8,6 mégaélectronvolts ( l'énergie de liaison du fer ), il ne reste à l'étoile que 2,6 mégaélectronvolts avant d'ateindre l'état ferreux. Au-delà de cette phase, l'étoile brûle du combustible nucléaire non seulement dans sont coeur, mais aussi dans une mince couche périphérique, ce qui fait gonfler son enveloppe et lui donne l'aspect d'une géante rouge (ou d'une supergéante rouge).





Chaîne CNO et Chaîne P-P


Le coeur stellaire composé d'4He et dépourvu des ressources énergétiques se contracte, Il chauffe. Quand sa température atteint 100 à 150 millions de degrés, la fusion des noyaux d' 4He se déclenche et libère environ 0,6 mégaélectronvolts par nucléon. L'efficacité de la fusion de l'hélium est environ 10 fois inférieure à celle de la fusion de l'hydrogène, ce qui expilique pourquoi il existe 10 fois moins de géantes rouges que d'étoiles de la séquence principale, pour une même luminosité, elles durent moins lomgtemps. La fusion de l' 4He est une réaction unique en son genre. Elle s'effectue en deux étapes. Dans un premier temps, un noyau instable de 8Be est formé par la fusion de deux noyaux d'4He ( aussi nommé particule alpha ), mais avant qu'il n'est eu le temps de se désintégrer, un troisième noyau d' 4He vient s'intercaler dans le couple ce qui transforme la nouveau venu en un noyau de 12C. En calculant la vitesse de cette réaction (nommée triple alpha ) on trouve une valeur extrêmement faible, de sorte que la quantité de 12C produite par les étoiles géantes rouges se révele très faible. Or, le 12C est abondant dans la nature, puisqu'il constitue l'élément de base de la matière vivante. Cette simple constatation implique que la réaction triple alpha doit être plus rapide qu'il n'y paraît. Pour accélérer la réation le noyau de 12C possède un niveau d'énergie à 7,6 mégaélectronvolts. Même si nous ne voyons pas directement le coeur des étoiles, les réactions qui s'y déroulent, les théories de nucléosynthèse pendant les phases de combustion de l'hydrogène et de l'hélium sont vérifiées par l'observation. En effet, l'enveloppe des étoiles géantes rouges en plongeant par convection dans les couches profonde de l'étoile, ramène à la surface de la matière dont la composition chimique a été modifiée par les réactions nucléaires. L'enveloppe des géantes rouges se trouve ainsi enrichie en produits de la combustion centrale de l'hydrogène. On trouve dans ces atmosphères stellaires, notament de l'14N, du 12C et de l' 16O. Aprés l'épuisement de l'4He dans le coeur de l'étoile, l'astre se met à brûler l' 4He et l' 1H dans les couches périphériques et devient ce que l'on nomme un géante rouge asymptotique ( un exemple: L'étoile Mira dans la constellation de la Baleine. C'est une étoile qui est entrain de perdre son enveloppe et qui va bientôt se transformer en naine blanche). Les observations confirment que les enveloppes de ces astres sont enrihis en produits de la combustion de l'hélium, notamment en 12C.



 


Un autre type d'astre, les étoiles Wolf rayet ( WR ) permettent d'apporter un diagnostic aussi précieux que celui des géantes rouges, voir plus. Ce type d'étoile, dont la masse initiale est supérieure à 30 M¤ voir plus, perdent beaucoup de masse sous la forme de forts vents stellaires. Plus de la moitié ( voir plus ) de la masse de l'étoile peut ainsi se disperser dans l'espace. Cette forte intensité stellaire met a nue les couches internes de l'étoile, dont la composition chimique a été modifiée par les réaction de fusion de l'hydrogène et de l'hélium. Les étoiles de WR se répartissent en trois sous classes en fonction des éléments responsables des raies spectrales d'émission dominante.



 


Les WN présentent une abondance fortement renforcée en hélium et azote alors que leur abondance en carbone et oxygène est réduite.
Dans les WC c'est l'hélium et le carbone qui sont renforcés.
Enfin, une nouvelle classe de WR, les WO avec l'hélium et l'oxygène qui sont renforcés.
Ici, je m'arrête pour ouvrir une parenthèse sur le sujet abordant la naissance des premières étoiles. Les WR jouent un rôle crucial dans la vie des galaxies. L'influence considérable des WR résulte du fait que ces objets éjectent d'importantes quantités de matière (~10-5 fois la M¤ par an) et ce avec une vitesse considérable (~2500 km/s). La puissance cinétique dissipée par ce vent correspond à environ 10% de la luminosité totale de ces objets (contre un dix-millionième dans le cas du Soleil). Dans un rayon de 3 kpc autour du Soleil, là où le dénombrement des WR peut être considéré comme complet, ces étoiles transfèrent au milieu interstellaire de l'énergie cinétique sous forme de vent au taux de 1.1 1038 ergs-1kpc-2, ce qui représente environ 50% de l'énergie cinétique totale injectée dans ce milieu, tous types spectraux confondus. Intégrée sur la durée de vie d'une WR, l'énergie cinétique injectée par cette dernière est comparable à celle produite lors de l'explosion d'une supernova. Ce qui rend particulièrement intéressant cet apport de matière au milieu interstellaire par les WR, c'est le fait qu'il s'agit presque essentiellement de produits de la fusion nucléaire de l'hydrogène ou de l'hélium. Ceci signifie que le vent des WR contribue de façon importante à l'enrichissement du milieu galactique en 4He, 12C, 16O et 22Ne et, de façon plus modérée, à son enrichissement en 14N, 26Mg, 25Mg et 16O. D'ou la forte probabilité, que les étoiles ditent de population III. Etoiles, qui je le rappelle étaient constituées des seuls éléments que le Big bang avait pu synthétiser, autrement dit,l'hydrogène et l'hélium. Etaient à fort priori, des WR.

Je reviens à mon sujet. Plus les noyaux au sein de l'étoile sont lourds, plus la température nécessaire à leur fusion est grande, car la répulsion électrostatique des noyaux augmente avec leur charge et donc leur masse. Dans le cas de petites étoiles dont la masse ne dépasse pas dix fois celle du Soleil. La nucléosynthèse ne va pas très loin. Les réactions nucléaires transforme l' 1H en 4He, puis celui-ci en 12C et en 16O, Mais la température centrale ne devient jamais suffisante pour fusionner des noyaux plus lourds. L'enveloppe de l'étoile est expulsée par des forts vents stellaire ce qui enrichie le milieu interstellaire en éléments lourds. Le coeur inerte de l'étoile, constitué de carbone et d'oxygène se contracte sur lui même et devient une naine blanche, un objet dense de la taille de la Terre qui va se refroidir lentement. Dans le cas des étoiles plus massive que 10 M¤, le cycle de « combustion-épuisement du combustible central-contraction du coeur-augmentation de température-allumage du combustible suivant «, se reproduit plusieurs fois. Ainsi à 800 millions de degrés environ, les noyaux de 12C fusionnent pour donner naissance au 20Ne et au 24Mg. A 1,5 milliard de degrés, un mécanisme intervient. La phot-désintégration, les photons ambiants brisent le 20Ne, un noyau relativement fragile, en 16O et en 4He. Les noyaux d' 4He ainsi libérés sont ensuite capturés par les noyaux restant du 20Ne ce qui forme du 24Mg. A 2 milliards de degrés, les noyaux d' 16O fusionnent à leurs tour en 24Si et en 32S. La combustion de l' 16O est la dernière étape de la période où l'énergie nucléaire est engendrée par la fusion de noyaux identiques. La température devient si élevée ( supérieure à 3 milliards de degrés ) que de nombreux noyaux sont brisés par l'impact des photons de haute énergie ( rayon gamma ) ambiants. Ces cassures libèrent des particules ( proton, neutrons et noyau d' 4He ) qui sont rapidement capturées par les noyaux survivants pour former des noyaux stabless plus lourds, tels que l' 36Ar et le 40Ca. En fait, tout le long de l'évolution stellaire, les noyaux particulièrement stables ( ceux dont le nombre de nucléons est multiple de 4, comme le carbone 12, l'oxygène 16 ou le néon 20 ) sont produits en abondance au sein de l'étoile. A des températures encore supérieures ( de l'ordre de 4 milliards de degrés ), toutes les réactions nucléaires deviennent tellement rapides qu'un équilibre statistique nucléaire s'établit au sein du plasma. La capture d'une particule ( proton, neutron, noyau d' 4He ) par un noyau est immédiatement suivie par sa réaction inverse, l'éjection de cette même particule sous l'impact des photos ambiants. Or dans ces conditions, la production des éléments dépend pour l'essentiel de leur stabilité nucléaire, ce qui favorise les noyaux du « pic du fer ». C'est à dire les noyaux dont l'énergie de liaison est élevée. Le 56Fe étant le noyau le plus stable de la nature, l'étoile se retrouve sans ressources d'énergie nucléaire et arrive ainsi au terme de son évolution. Sa structure finale reflète son histoire antérieure, un coeur de fer inerte enveloppé de couches concentriques dont la composition sont faites des étapes successives de fusion traversées par l'étoile. A partir du centre se succèdent le silicium, le souffre, l'oxygène, le néon, le carbone et l'hélium. Dans l'enveloppe on trouve toujours la composition initiale de l'étoile, pour l'essentiel de l'hydrogène et de l'hélium.

Cette structure en pelure d'oignon est due au fait que les vitesses de réactions thermonucléaires sont très sensibles à la température. De sorte qu'a chaque étape de combustion, la partie de l'étoile qui brûle se trouve de plus en plus près du centre, là ou la température est la plus élevé. Privé de ressources énergétiques, le coeur de fer s'effondre sous son propre poids en une fraction de seconde. Une gigantesque explosion se produit. Cette supernova est dite de type II. La supernova disperse dans l'espace toutes les couches supérieure de l'étoile ( enrichies en éléments lourds ) laissant derrière l'ex-coeur de fer, qui se transforme en un objet très compact, étoile à neutrons ou en un objet encore plus massif comme un trou noir. Par ailleurs, près du coeur de fer, la température est momentanément portée à plusieur milliard de degrés par l'onde de choc de l'expolsion et de nouveaux noyaux sont créés en quelques secondes. Un grand nombre de ces noyaux fabriqués par cette nucléosynthèse explosive sont radioactifs. Ils émettent des photons gamma longtemps après l'explosion. Ces photons gamma caractéristiques de la chaine de désintégration du 56Ni en 56Fe on été detectés pour la première fois, lors de l'explosion de la supernova 1987A, dans la galaxie satellite de notre Voie Lactée. Le grand nuage de Magellan. Leur détection a confirmé une prédiction théorique. Le 56Fe qui est le noyau le plus stable de la nature, est produit sous forme d'un noyau instable, le 56Ni qui se désintègre ensuite en 56Fe ( le 56Fe créé dans les phases antérieures de nucléosythèse ne sort pas). La quantité de 56Fe éjecté par la supernova a été évalué à 20 000 fois la masse dela Terre, presque 1/10 éme de la masse de notre étoile.




  
En calculant la production des noyaux du pic du fer produit par les explosions de supernovae de type II,. les astrophysiciens ont découvert qu'elles étaient insuffisantes pour expliquer les proportions observées de ces noyaux dans le milieu intergalactique. Pour synthétiser la majorité du fer, du nickel, du chrome, du manganèse et du cobalt, il faut faire appel à un autre type de supernova. Les supernovae de type Ia. Ces astres sont associés à la vieille population stellaire, elle invoque l'embrasement nucléaire catastrophique d'une naine blanche. Une naine blanche isolée est un objet très stable, mais beaucoup d'étoiles appartiennent à des systèmes binaires avec possibilité de transfert de masse d'un astre à l'autre. Si la masse d'une naine blanche augmente par accrétion dans un système binaire, le carbone et l'oxygène qui la constitue vont s'allumer, lorsque la masse approchera de la limite dite de Chandrasekhar ( Subrahmanyan Chandraskhar: Astrophysicien et mathématicien indien ). Sa masse est alors toujours voisine de 1,4 M¤ ce qui expliquerait l'uniformité de sa courbe de lumière. Dans un milieu aussi dense ( plusieurs millions de fois la densité de l'eau ) la combustion de ces éléments ( carbone et oxygène ) se déroule de manière explosive et la moitiè de la masse de la naine blanche est transformée en noyaux du pic du fer. Au bout de quelques secondes seulement, l'énergie libérée par les réactions nucléaires disperse les débris de l'étoile calcinée dans le milieu intergalactique, ne laissant aucun résidu de l'étoile.




  


Les noyaux plus lourds que le nickel  
La réplusion électrostatique entre noyaux est telle que les noyaux plus lourds que le nickel ne peuvent être produits par les mécanismes de fusion. Néanmoins, la nature a trouvé un autre moyen pour les fabriquer. La capture de neutrons sur les noyaux stables et abondant du pic du fer, formé précédemment, électriquement neutres, les neutrons sont en effet insensibles à la répulsion des noyaux . Ce mécanisme nécessite des réactions qui produisent des neutrons dans les sites correspondants, or les neutrons libres n'existent pas dans la nature, ils sont instables hors des noyaux atomiques. Ces noyaux lourds peuvent être sythétisés par un mécanisme lent et un mécanisme rapide.

Dans les étoiles de masse intermédiaire ( entre 1 à 3M¤ ) qui sont entrées dans leurs phases de géante rouge asymptotique, la combustion périphérique de l'4He libère une faible quantité de neutrons; Ceux-ci sont capturés par les noyaux du pic du fer sur des échelles de temps de plusieurs dizaines de milliers d'années. Comme ces captures sont lentes, ces noyaux ont le temps de se désintégrer par radioactivité bêta+ ( émission d'un électron qui accompagne la transformation d'un neutron en proton ). Les noyaux lourds les plus stables ( jusqu'au 209Bi ) sont ainsi formés par le mécanisme S ( pour slow, soit « lent » ) dans les couches périphériques de ces étoiles. Le brassage convectif de l'enveloppe stellaire ramène vers la surface tous ces éléments, d'ou ils sont éjectés par le vent stellaire ( 5 à 25 km/s ). Les observations spectométriques des enveloppes de ces étoiles asymptotique comfirment un enrichissement important du milieu stellaire produit par le mécanisme S ( tel le technétium et le baryum ).

Les noyaux riches en neutrons ( thorium et uranium, les plus lourds de tous les noyaux de la nature ) sont fabriqués par un autre mécanisme dit R ( rapide ). Pendant quelques secondes, les noyaux du pic du fer sont baignés dans une « mer » de neutrons, qu'ils s'empressent de capturer pour former de noyaux très instables. Quand la source de neutrons se tarit, les nouyaux instables décroissentnt rapidement et donnent naissance aux noyaux lourds stables. Ou peut on trouver une telle quantité de neutrons? Dans les sites explosifs. Mais les astronomes ne les ont pas identifiés avec certitude. Toutefois, des observations récentes ont révélé l'existence de noyaux produits par ces mécanismes à la surface des plus vieilles étoiles de la galaxie ( étoile de population II ). Leur présence aussitôt dans l'histoire de la Voie Lactée montre que les sites de leur production ont eu une durée de vie très courte. Ce sont sans doute les étoiles massives ditent de population III ou la génération suivante ou encore la collision de deux étoiles à neutrons, qui sont les candidats les plus sérieusement envisagés. Si le mécanisme R reste le plus mal connu des processus de nucléosynthèse, c'est parce qu'il fait intervenir les propriétés ( masse, durée de vie ) de nombreux noyaux très instables, donc difficillement mesurable en laboratoire et principalement évaluès à partir de la théorie nucléaire .

Les trente dernières années, grâce la nouvelle génération de télescopes au sol et dans l'espace ont apporté une impressionnante moisson de données sur la proportion des divers éléments chimique ( dans les étoiles et dans le milieu interstellaire de la Voie Lactée ou des autres galaxies ). De même, la physique nucléaire a pu mesurer dans les accélérateurs de particules ou évaluer théoriquement les vitesses de plusieurs réactions nucléaires importantes. De plus en incorporant des effets jusqu'alors négligés, tels la rotation et les divers mécanismes de mélange de la matière au sein des étoiles, ont amélioré la compréhension de l'alchimie des étoiles.

L'idée d'une origine stellaire des éléments chimiques, envisagée part l'astrophysicien sir Fred Hoyle il y a plus d'un demi-siècle est l'un des moments fomdamental de la science moderne. Les atomes de l'oxygène et de l'azote que nous respirons, du calcium de nos os ou du fer dans l'hémoglobine de notre sang ainsi que tous les élements qui ont permi à l'homme de développer sa civilisation, ont été engendrés au sein des étoiles.
Ainsi arrive ma conclusion: nous sommes tous, d'une certaine manière les enfants des étoiles dont la mort est indispensable pour que la vie puisse un jour se manifester. De même, une partie de nous, a une origine plus ancienne encore. L'hydrogène contenu dans les molécules de l'eau. L'eau, qui constitue environ 70 % du poids d'un être humain. Cet hydrogéne provient directement de l' « explosion » originelle du Bigbang, des tous premiers instant de l'Univers. Ainsi, une partie de notre corps est aussi vieille que l'univers lui même...

Documentation : L'Univers dans tous ses éclats de Alain Mazure et Stéphane BASA. Chroniques des atomes et des galaxies de Hubert REEVES. Naissance vie et mort des étoiles de Nicolas PRANTZOS et Thierry MONTMERLE. Vie et moeurs des étoiles magazine pour la science.


_____________________________________________________________
Partagez votre savoir et vos connaissances ou vos questions sur le fabuleux domaine qu'est l'astronomie !

Dernière édition par The Lion le Dim 20 Juil - 14:40 (2008); édité 5 fois
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: Mar 1 Jan - 20:54 (2008)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Flav
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 17 Déc 2007
Messages: 71
Localisation: Voie lactée
Masculin Bélier (21mar-19avr) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Ven 4 Jan - 12:36 (2008)    Sujet du message: Les étoiles et leur alchimie Répondre en citant

Tres bon article mais je pensais que tu parlait de leur alchimie esothérique

Cette fascination de l'homme pour le ciel depuis la nuit des temps ce besoin de regard d'explication de fusion de méditation cet appaisement qu'elles approtent.
Je pensait a toutes ses légendes ce besoin de croire cette envie de réver quelles scucitent.
A l'alchime de leur éclat les réponses qu'elles apportent, aux constélations qu'elles nous offrent a cette intéraction avec notre temps, ce pouvoir de facination, à l'envie de savoir au besion de trouver a moyen d'y arriver....

je pensais a ces voyages immaginaire que l'on peut faire en les regardant, aux trésorts que l'on découvre en les obsenvant et aux réponses que l'on cherche en les étudiants....

Je pensais à notre galaxie porteuse de ce lait stélaire perdue dans notre univers je pensait a l'avant instant X cette question fondamentale pour l'Humanité, je pensait a cette gravité surpuisante qui nous attire au dela du temps et de l'espace, a cette prodigieuse puissance de paix et de repos pour nos âmes.

Je pensait a l'alchime des réveur qui s'y perdent a l'esprit des ses pionniers de tous les monde qui se guident avec cette carte stélaire innépuisable, je pensait à tous les paradox quelle engendrent.

Je pensait a cette énergie bienfaitrice, porteuse de vie de lumière et d'espoire qu'elles dégagent à cette éclat qu'elle nous offrent.
_____________________________________________________________
The Flav.
Expert en Portnawak et bidouilles en tous genres.

http://photo.caramontino.com
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
The Lion
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 09 Juil 2007
Messages: 139
Localisation: Corse
Masculin Lion (24juil-23aoû) 鷄 Coq

MessagePosté le: Ven 4 Jan - 13:15 (2008)    Sujet du message: Les étoiles et leur alchimie Répondre en citant

Le lion est trop cartésien. Mort de Rire Son esprit ne voit que le côté scientifique. Okay C'est qu'il oublie le côté poétique. A d'autres, peut être d'en écrirent la génèse. Question Moi aussi j'adore les légendes.

Je souhaite à toutes les personnes qui liront ces lignes une bonne et heureuse année 2008

_____________________________________________________________
Partagez votre savoir et vos connaissances ou vos questions sur le fabuleux domaine qu'est l'astronomie !
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:36 (2017)    Sujet du message: Les étoiles et leur alchimie

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Astro Club Porto-Vecchio Index du Forum -> Astronomie -> Cosmologie Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Space Pilot 3K template by Jakob Persson.
Powered by phpBB © 2001 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com